Qui est le père ? : l’incroyable impasse judiciaire d’une mère et de deux frères jumeaux
Une affaire hors du commun vient d’être tranchée par la Cour d’appel de Londres. Une femme britannique se retrouve dans une situation inédite : après avoir eu des relations intimes avec deux frères jumeaux à quelques jours d’intervalle, elle est aujourd’hui dans l’impossibilité absolue de désigner le père de son enfant. La génétique moderne, pourtant si avancée, se heurte ici à ses limites face à un ADN identique.
Deux relations à quatre jours d’écart
Les faits remontent à une période où cette Britannique a entretenu des rapports sexuels avec deux frères jumeaux. Le premier contact a eu lieu, puis un second seulement quatre jours plus tard avec le frère du premier homme.
De cette double relation est né un enfant. Mais la question de la paternité s’est rapidement posée, sans qu’aucune réponse scientifique ne puisse être apportée de manière définitive.
L’impasse scientifique face aux jumeaux identiques
Le problème réside dans la nature même des jumeaux monozygotes. Ces derniers partagent un patrimoine génétique strictement identique, rendant tout test ADN traditionnel totalement inefficace pour les différencier.
Les techniques actuelles de détermination de paternité, pourtant fiables à plus de 99% dans les cas classiques, se révèlent impuissantes dans cette configuration particulière. Un collège de magistrats a d’ailleurs tranché : il est « impossible » de déterminer avec certitude l’identité du géniteur à ce stade.
Une décision de justice sans précédent
Malgré l’incertitude scientifique, l’état civil exige qu’un nom figure sur l’acte de naissance. L’un des deux jumeaux a donc été désigné comme père biologique sur le document officiel.
Néanmoins, ce dernier s’est vu retirer son autorité parentale, bien que son identité demeure inscrite sur l’acte. Une situation juridique complexe qui reflète l’embarras des autorités face à ce cas sans précédent.
La position de la Cour d’appel
Sir Andrew McFarlane, président de la division famille de la Cour d’appel de Londres, a clarifié la position judiciaire. « L’incapacité à prouver un fait signifie que ce fait n’est pas prouvé. Cela ne signifie pas que le contraire est prouvé », a-t-il déclaré.
Cette formule juridique souligne toute la difficulté de trancher un dossier où aucune preuve tangible ne peut être établie dans un sens comme dans l’autre.
L’espoir d’une avancée scientifique future
Le dossier reste en suspens, en attente de progrès dans le domaine de la recherche génétique. Des techniques plus pointues, actuellement en développement, pourraient un jour permettre de distinguer des jumeaux identiques.
En attendant, la mère et les deux frères doivent composer avec cette incertitude permanente, une situation aussi rare qu’inconfortable pour toutes les parties impliquées.

